France Stratégie est une institution autonome placée auprès du Premier ministre, qui produit également des évaluations de politiques publiques. Les résultats de ses travaux s’adressent aux pouvoirs publics, à la société civile et aux citoyens.

France Stratégie vient de publier une étude complète et très fouillée sur la performance économique et environnementale de l’agroécologie.

Impact environnemental : Avis très favorable pour la Haute Valeur Environnementale

France Stratégie a établie une typologie des démarches fondée sur la réduction de l’utilisation d’intrants et sur l’intensité des pratiques favorables à la préservation de la biodiversité, des sols et des ressources en eau. Cette étude permet de distinguer deux grandes familles d’exploitations agroécologiques:

La première comprend les exploitations où l’ensemble du système de production a été repensé, avec un niveau d’exigences élevé en termes de réduction des intrants ou d’intensité des pratiques favorables à l’environnement. Figurent ici en tête l’agriculture biologique ou la certification HVE. Leurs cahiers des charges bénéficient d’une reconnaissance du consommateur grâce à des labels officiels.

Le second groupe comprend les exploitations dont le système de production, malgré des engagements supplémentaires, reste le plus souvent fondé sur les principes de l’agriculture conventionnelle : ce sont les MAEC systèmes, les fermes Dephy, des chartes privées telles que Lu’Harmony, etc. (voir graphique).

Recommandations : aides publiques en amorce, rémunération par le marché en croisière

En 2017, l’atelier 11 des États généraux de l’alimentation (EGAlim) intitulé « Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable » a conclu à la nécessité de faire de la France le leader européen de l’agroécologie, en visant la conversion d’un tiers des exploitations agricoles à l’AB et d’un tiers à la HVE d’ici à 2030. Au regard de notre analyse, ces deux cahiers des charges apparaissent clairement comme les deux référentiels les plus exigeants d’un point de vue environnemental. Pour atteindre cette ambition, il convient d’accélérer la diffusion des pratiques et modes de production agroécologiques les plus bénéfiques pour l’environnement et de mobiliser les acteurs de l’aval des filières (industriels de la transformation, coopératives, distributeurs, commerces, consommateurs), ainsi que d’assurer un soutien public proportionné aux services environnementaux rendus.

« Afin d’accélérer la transition agroécologique de la « Ferme France » et réduire les externalités négatives de l’agriculture, la combinaison de leviers d’actions portant sur l’offre et la demande apparaît nécessaire. »